BREST AU CARREFOUR DES MONDES
DIALOGUES 22 JANVIER 2020

LA LETTRE DE DIALOGUES

Au carrefour des mondes, Nos Lettres Persanes
On peut légitimement s’interroger : pourquoi ce double titre pour ce Roman graphique ?
Fondamentalement par fidélité à l’acte I de ce projet original, basé sur un Concours lycéen en terres francophones « À la manière des Lettres persanes », réunissant la France la Belgique, le Maroc et la Tunisie. Ces lettres constituent la materia prima de Nos Lettres Persanes.
Dans l’acte II, à travers les voyages en apparence erratiques décrits par ses héroïnes et héros issus des lettres, il devient Au carrefour des mondes, dans lequel s’interpénètrent mondes intérieurs des ados, mondes terrestres et mondes intergalactiques.

Le site : www.egalitepareducation.org

LA PRÉSENTATION

Janine De Nascimento remercie la Librairie Dialogues pour son invitation à cette Rencontre Éducation et les participants venus nombreux.

Laurence Bellon, chargée d’interview par la Librairie Dialogues, mission dont elle s’acquitte avec talent et brio, retrace les parcours professionnels des unes et des autres et favorise les échanges avec la salle.

Janine De Nascimento, présidente d’ÉpÉ expose la démarche de l’association, initiatrice et porteuse du projet de bout en bout. Elle souligne que chaque parcours de cette sorte permet d’aiguiser les outils pédagogiques qu’elle promeut.

Au travers d’expériences éducatives innovantes, comme la BD Égaux sans ego, dont le message, toujours terriblement d’actualité a été validé par le Ministère de l’Éducation Nationale dans sa version numérique augmentée, et aujourd’hui le Roman graphique, ÉpÉ a fait un pari sur l’avenir avec et pour ces jeunes, portant une autre voix, celle très directe des adolescents au travers d’un media qui est le leur. Afin que s’opère un changement de regard, chez ces ados acteurs d’aventures successives développées en transnational.

Gwénola Morizur, dans la vidéo qu’elle a réalisée à notre intention, dit son enthousiasme d’emblée pour le projet, son émotion à la lecture des lettres, voire son bouleversement dans le constat des inégalités soulevées. Elle nous dit l’art et la manière d’adapter un scénario. Elle donne les aspects techniques de son travail, de la colonne vertébrale du scénario au scène à scène. Elle retrace l’adaptation concertée des lettres, dans un exercice de cohérence et d’équité, lié à la double exigence de fidélité aux lettres et à la commande passée par ÉpÉ. Elle dit le bonheur d’avoir œuvré en trio à la naissance du Roman graphique.

Laëtitia Rouxel relate la collaboration étroite entre association, scénariste et dessinatrice et la manière dont elle s’est elle-même saisie des personnages, pour leur donner corps et vie en déployant son art du dessin.

À la lecture des lettres lycéennes, plusieurs images dit-elle lui sont d’emblée venues en tête, des univers très créatifs lui sont apparus à illustrer. Elle a travaillé ensuite avec l’adaptation scénaristique de Gwénola Morizur. Elle confie s’être inspirée de prises de vue de la remise des prix, et espère ne pas faire rougir de confusion Véra Jantzem, du lycée de l’Iroise à Brest ici présente, pour créer le personnage d’Adèle.

LE PUBLIC

Les participants sont nombreux, attentifs et le montreront à l’évidence dans le débat, très intéressés par le cheminement et la réalisation concrète de l’ouvrage. Plus largement, ils interrogeront la mission de l’association dans la recherche d’une égalité réelle.

Janine De Nascimento rappelle la phrase de Nelson Mandela « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». C’est pourquoi ÉpÉ a fait de l’éducation à l’égalité le chantier prioritaire de sa réflexion et de son action, sur le constat flagrant d’inégalités à dépasser, criantes ou rampantes.

Dans le public, s’exprime notamment Yvette Rodalec qui, en sa qualité de professeure de Lettres, et comme le mentionne Janine De Nascimento, a soufflé l’idée d’une correspondance épistolaire à la manière de Montesquieu dans Les Lettres persanes. Elle a rédigé une postface sensible dans cet ouvrage : « Poser son regard sur la société et le monde dans lequel on vit en feignant d’être étranger, ce n’est pas se croire en exil et encore moins se situer en ennemi. C’est creuser un trou dans le visible, ouvrir une trouée dans l’obscurité. C’et prendre la juste mesure des actes et situations avec ce qu’il faut de distance pour demeurer critique, avec ce qu’il faut d’ironie pour stigmatiser ce qui doit l’être… »

Véra Jantzem est parmi nous et nous révèle que, outre Les Lettres persanes, elle s’est inspirée du roman Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley pour créer une société utopiste dans laquelle existe une égalité totale. Une invention futuriste pour créer son propre univers, celui de la planète Aria sur laquelle évolue Demetra.

Nous reconnaissons aussi dans la salle Régis Lemersier des Éditions Locus Solus.

L’OUVRAGE

Nos quatre héros -en exacte parité !- voyagent et se croisent sur les continents d’Europe de l’Ouest et d’Afrique du Nord, sur lesquels respectivement ils vivent et se rencontrent. Il est à noter qu’en première de couverture, ces personnages croqués dans une marche en avant dynamique, évoluent sur le tracé desdits continents.
En ombre portée sur la quatrième de couverture, Demetra l’extraterrestre venue de sa lointaine planète aux moeurs avancées, les observe d’un oeil étonné et vaguement critique, parfois amusé, toujours bienveillant…

Il est remarqué la présence forte de Brest tout au long du récit et des images : l’arrivée d’Adèle venue de Belgique à la rencontre de son cousin Abel, la gare routière, le tram, la plage du Moulin blanc, la salle de concert La Carène, les locaux de la Marine Nationale… Tous lieux à l’évidence bien connus et retranscrits fidèlement par nos autrices !

En effet, Gwénola Morizur a retracé dans Bleu Pétrole (Mention documentaire du Prix Artemisia 2018) une forme de saga familiale autour du naufrage de l’Amoco Cadiz. Laëtitia Rouxel a remporté le Prix de la BD embarquée 2017 à Brest pour Des graines sous la neige.

Place à la fiction magnifiquement mise en scène par Gwénola Morizur et Laëtitia Rouxel !

Disponible ici, à la librairie Dialogues.

LA SIGNATURE

Dans son exercice de signature illustrée, Laëtitia Rouxel dessine et explique son propos.

Ici avec Catherine Boncoeur.

 

Photos : Annie Legrand

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